Olino, une agglomération romaine

blason biesheimSur le ban de la commune de bisheim, s’étend une des plus grandes agglomération gallo-romaine de toute la plaine rhénane.

Composée d’un praetorium, de thermes, de plusieurs camps militaires, de multiples commerces et habitations, cette agglomération a permis de découvrir un patrimoine romain très riche en Alsace.

L’établissement gallo-romain d’Oedenburg à Biesheim et Kunheim est fouillé depuis 1998 par une équipe internationale (École pratique des hautes études, Paris ; université de Fribourg-en-Brisgau, Allemagne ; université de Bâle, Suisse).

Le site, au bord du Rhin actuel, en face de l’oppidum celtique de Breisach, était, dans l’Antiquité, installé dans un paysage sensiblement différent, traversé alors par différents chenaux du fleuve. Dans l’état actuel des connaissances, les lieux semblent occupés, au début du règne de Tibère, par un camp militaire romain dépendant de la zone de commandement de Vindonissa, au nord du territoire rauraque.

Un établissement civil se développe dans le même temps, faisant peut-être suite à une occupation indigène sporadique. Dès le milieu du Ier s. apr. J.-C. sont perceptibles des traces de parcellaire dans le plan d’urbanisme, mais l’agglomération (qu’on identifie de manière hypothétique avec Argentovaria) n’est pas organisée comme un chef-lieu de cité ; on n’y rencontre en effet ni centre public ni trame viaire régulière, mais un complexe religieux composé de plusieurs temples de type indigène.

Après le départ des militaires, vers 69-70, l’établissement civil se développe de manière autonome. D’importantes études archéozoologiques et paléobotaniques, favorisées par des conditions de conservation exceptionnelles, mettent en évidence les processus de romanisation et l’introduction de pratiques alimentaires nouvelles.

On ignore pour l’instant si le site fut remilitarisé dans la seconde moitié du IIIe s., au moment où le Rhin redevint frontière. Les constructions de l’Antiquité tardive se concentrent alors sur les zones qui échappent aux inondations. C’est seulement sous Valentinien qu’on voit apparaître sur la rive gauche un palais fortifié, qui répond sans doute à la forteresse de Breisach. Le site n’est pas abandonné après les invasions du début du Ve s. Plusieurs églises successives et une nécropole s’installent ensuite sur les ruines de l’ancienne fortification.

Si vous passez par Biesheim, je vous conseille vivement de prendre le temps de visiter le musée Gallo-Romain. Plus d’infos : ici.

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